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Il faut croire que nous n'avions pas assez de problèmes comme cela. Après l'accord obtenu le 26 octobre par les Chefs d'Etat et de gouvernement de la zone Euro sur un nouveau plan de sauvetage de la Grèce, un renforcement du fonds de stabilité et la recapitalisation du secteur bancaire, on pensait que c'était bon. Et bien en fait on s'était trompés.
Le Premier Ministre grec, Georges Papandréou, a décidé de soumettre le deuxième plan de sauvetage de la Grèce à un référendum, en plus du vote au Parlement grec. Ce référendum concernerait le plan d'aide fraichement adopté, le renoncement volontaire par les banques à une partie de la dette grecque et les très impopulaires mesures d'austérité. Notons que si le vote au Parlement est plus ou moins certain d'être positif, les députés du PASOK disposant de la majorité au parlement, il est quand même beaucoup plus difficile de parier sur le résultat d'un référendum.
Et c'est un gros risque que prend le Premier Ministre grec. En effet, en cas de vote négatif, l'accord entre la Grèce, la Commission, la BCE et le FMI sur le versement de l'aide en échange d'un programme d'austérité serait caduc. Il n'y aurait donc plus de moyen pour la Grèce d'honorer ses engagements vis-à-vis des marchés et le pays ferait défaut, avec les conséquences que l'on sait sur la zone Euro et l'économie mondiale.
En revanche, si le vote est positif, Monsieur Papandréou sortira renforcé de cette épreuve, puisque la décision de prendre des mesures draconniennes aura été prise par le peuple et plus par son gouvernement. Cela lui permettrait de faire taire les critiques du parti d'opposition, Nouvelle Démocratie, et d'éloigner le risque de devoir organiser des élections anticipées et ainsi de poursuivre les réformes engagées.
On ne sait pas encore quand exactement aura lieu ce référendum, on évoque le mois de janvier, ni quelle sera la formulation de la question qui sera posée aux Grecs. Monsieur Papandréou a expliqué que la question porterait sur le soutien apporté par le peuple grec aux mesures d'austérité et à l'accord sur la dette en échange d'une aide financière étrangère. Certains évoquent plus directement la volonté des Grecs de rester ou pas dans la zone Euro, c'est le cas du Ministre finlandais des Affaires européennes, Alexander Stubb. Quant au Ministre des Finances grec, Evangelos Venizelos, il considère que le référendum reviendra à demander aux Grecs s'ils souhaitent rester dans le monde dévelopé ou retourner dans les années 1960.
Concernant les raisons de ce choix, certains évoquent un moyen pour le Premier Ministre grec de mettre la pression sur les banques avec lesquelles les discussions sur les modalités du renoncement à une partie de la dette grecque n'ont pas encore été conclues. La possibilité de voir cet accord soumis à un référendum pourrait inciter les banques à accepter un accord plutôt que de risquer de tout perdre en cas de rejet.
Dans tous les cas, il semble que le Premier Ministre grec abatte une de ses dernières cartes. Souhaitons qu'il ait une main heureuse!
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