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On l'a vu avec la crise financière de 2008, une crise est une opportunité. Depuis lors, les discours des politiques se sont multipliés dans lesquels ils appelaient à moraliser le capitalisme, remettre les marchés financiers au service de l'économie réelle, j'en passe et des meilleures. La quesiton que je me pose aujourd'hui c'est en fait de savoir si la crise de la dette va faire le ménage dans le milieu politique aussi.
Un certain nombre de gouvernements sont déjà tombés à cause d'elle, prenez l'Irlande et le Portugal l'an dernier ou encore la Grèce et l'Italie ces derniers jours. Il y a en outre fort à parier que l'Espagne change également de couleur politique lors des élections qui auront lieu le 20 novembre prochain et on se prend à rêver que cet effet domino de la bascule politique touche également la France et l'Allemagne.
Ca reste un peu compliqué quand même et pour plusieurs raisons. Premièrement, il n'est pas certain que ceux dont on se débarrasse soient remplacés par des personnes plus compétentes. Il n'est d'ailleurs pas dit qu'en Italie, Silvio Berlusconi ne soit pas réélu, après sa démission, tant l'opposition en face semble faible. Qui est en mesure de citer un candidat italien d'opposition? Et c'est la même chose en France, qui dit que François Hollande arrivera finalement à faire rêver assez de Français pour confirmer ce que les sondages prévoient pour l'instant? Rappelons-nous qu'en 2007, d'après les sondages, une femme devait devenir Présidente de la République. On a vu ce que ça a donné. Bref donc l'alternance n'est pas assurée.
D'autre part, l'état des finances publiques dans les différents Etats membres et l'étendue des réformes à mettre en place sont tels qu'il n'est pas sûr que des gouvernements de gauche aient tellement de marge de manoeuvre que cela pour mener à bien leur programme. On l'a vu en Grèce, le gouvernement a été un peu pris de cours quand il a constaté l'état des caisses. Du coup, il y a fort à parier que l'on applique le même type de recettes, avec des plans d'austérité à la pelle, et qu'au final, la sanction tombe lors des élections suivantes et qu'on reprenne les mêmes pour recommencer.
D'autre part, la montée des populismes partout en Europe a de quoi faire froid dans le dos. Quand on voit que des pays comme la Suède ou la Finlande ont eux aussi vu apparaîter des formations populistes, alors que ces deux pays restent des Etats relativement préservés par la crise, on se pose des questions sur ce qui pourrait arriver dans des pays réellement frappés par la crise. D'où l'importance d'expliquer aux citoyens européens ce qu'il se passe et les raisons des décisions qui sont prises, faute de quoi, les populistes auront beau jeu d'agiter des idées reçues et des peurs pour ramasser le pactole lors des prochaines échéances électorales.
Vous l'aurez compris, la crise a le potentiel de servir de détonateur pour purger le monde politique. Mais pour ce faire, il faudra appliquer les bonnes recettes et surtout les expliquer aux citoyens européens, sans quoi la possibilité qui s'offre à l'heure actuelle de réenchanter la politique ne sera pas saisie et les conséquences pourraient être terribles. Ainsi il faudrait que nos politiques se rendent compte que l'austérité à tout prix ne fonctionnera pas, qu'un renforcement de l'intégration européenne est nécessaire et que l'achèvement du Marché intérieur est une priorité.
Bref, il faudra faire entrer l'Europe par la fenêtre dans les débats nationaux, puisque personne ne veut la faire entrer par la porte!
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