La situation en Grèce et surtout la cacophonie suite à la décision grecque de procéder à un référendum concernant l'approbation du plan de sauvetage négocié avec les autres Etat de la zone Euro montre clairement que la prise de décision au sein de la zone Euro et sa gouvernance sont complètement inadaptées. Il y a donc un besoin urgent de réformer la prise de décision entre les Etats de l'Eurozone.
Tout d'abord il convient que la Commission reprenne en main sa compétence d'initiative et fasse des propositions au lieu de laisser le Conseil et notamment le couple franco-allemand faire la pluie et le beau temps. Comme le proposent les Néerlandais, on pourrait désigner un Commissaire responsable de l'Euro qui aurait le même type de compétences que le Commissaire à la Concurrence (possibilité de lancer des investigations et d'imposer des amendes aux Etats ne respectant pas les règles notamment) ce qui lui permettrait d'harmoniser les décisions prises au sein de la zone Euro dans de nombreux domaines. On pense notamment à la politique budgétaire dans le cadre du Semestre européen, processus qui permet à la Commission de contrôler les budgets des Etats membres afin de s'assurer d'une cohérence entre les budget des différents Etats membres, mais on pourrait voir beaucoup plus loin.
En effet, il est temps de renforcer le Marché Unique en permettant réellement aux Européens de travailler et de se déplacer dans les autres Etats membres. Cela passe évidemment par une harmonisation des législations du travail, mais aussi de la fiscalité, des retraites ou encore de l'éducation. Cette harmonisation permettrait d'en finir avec le dumping social et la concurrence fiscale qui fait que trop peu d'Européens osent partir vivre dans des pays où on leur propose un emploi, sous prétexte que les salaires dans ce dernier sont trop faibles. Cela permettrait également de rendre plus acceptable les délocalisations dans la mesure où assurés de toucher un salaire décent, d'avoir les connaissances de base pour pouvoir communiquer avec les personnes dans le pays d'accueil, du fait d'un socle commun de connaissances linguistiques qui pourrait être instauré dans l'ensemble des Etats membres, de bénéficier de la portabilité de leurs droits à pension, les Européens ne verraient plus d'obstacles réels à aller vivre dans un autre Etat membre que le leur.
Par ailleurs, une autre possibilité afin de renforcer le pouvoir des peuples dans le cadre de décisions portant à conséquence pour l'ensemble de l'Union européenne, serait de soumettre ce type d'accords à l'approbation du Parlement européen, qui reste ne l'oublions pas, l'organe de représentation des peuples européens.
Enfin, dans le cadre de sanctions, il pourrait être utile, comme le proposent les Néerlandais, de priver un Etat qui laisse trop longtemps filer son déficit de son droit de vote au Conseil et à termes, de l'exclure de la zone Euro. Le fait de graver dans le marbre ce type de règles devrait permettre d'en finir avec la tradition du recours au principe de la pression des pairs qui, il faut bien le reconnaitre, n'a pas montré beaucoup de résultats ces derniers temps...
Evidemment pour arriver à cela, il faudra passer par un changement des Traités. Et bien entendu, la modification du Traité imposera une ratification par les 27 Etats membres avant que les changements ne puissent entrer en vigueur. Il est donc peu probable que ce soit le cas rapidement, sauf si la situation empire de façon incontrôlable.
Qui a dit qu'une crise était également une opportunité?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires